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Nigeria : « Nous semons l’espérance pour l’avenir »

Dominant religion by state in Nigeria, 2022 / © User:BorysMapping, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

« Le sang de ton frère crie vers moi depuis la Terre », a rappelé la Conférence des évêques catholiques du Nigeria dans un communiqué du 26 août. Citant l’épisode d’Abel et Caïn, le texte dénonce l’explosion de violences fratricides qui endeuillent le pays. Dans la nuit du 16 au 17 août, des hommes armés circulant à moto ont attaqué plusieurs communautés du district de Mbazun/Mbaterem, dans la zone d’Ukum (État de Benue, au Centre-Nord du Nigeria). Ils ont tué 47 chrétiens désarmés. Quelques jours plus tard, le 21 août, c’était au tour de musulmans réunis pour la prière du vendredi d’être attaqués. 60 d’entre eux ont été enlevés.

« Les larmes des familles endeuillées dans le Niger, le Benue et dans toutes les zones géopolitiques du Nigeria doivent vous préoccuper suffisamment pour que vous fassiez tout votre possible afin de mettre fin à ce carnage dans notre pays », écrivent les évêques à l’attention des autorités nigérianes. Ils concluent leur lettre par un avertissement emprunté à saint Paul : « Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce que l’homme aura semé, il le récoltera » (Ga 6,7).

Ces violences perpétuelles et rarement punies infectent l’ensemble de la société nigériane. Elles provoquent des réactions souvent brutales comme des exécutions extrajudiciaires de personnes soupçonnées d’avoir pris part à des actions terroristes. Mgr Gerald Musa, choqué par cette pratique, rappelle : « La vie humaine est sacrée. Aucun lynchage n’a sa place dans une société civilisée. » Son diocèse de Katsina, à l’extrême nord du pays, est l’un des plus exposé à la violence djihadiste. Quatre des prêtres du diocèse ont été enlevés et l’un d’entre eux a été exécuté. Face à des islamistes qui emploient la rhétorique de la guerre de religions entre les communautés, il assure que la coopération seule permettra de ramener la paix.

Dans son diocèse, 98 % de la population est musulmane et une grande partie de ses concitoyens ne savent presque rien des chrétiens. Ils en conçoivent souvent une image négative et déformée, alors que les chefs religieux musulmans et chrétiens s’accordent sur un grand nombre de points. « Les deux religions condamnent le vol, le meurtre et l’adultère. Ces principes communs devraient nous aider à bâtir un pays où la loi est la même pour tous », rappelle-t-il.

L’évêque et les émirs locaux se rassemblent souvent pour exposer les problèmes auxquels ils sont confrontés, en particulier l’augmentation de la consommation de drogues chez les jeunes. Ils mettent en avant les solutions aux fléaux qui accablent leur pays, et misent en particulier sur l’éducation. L’Église organise des programmes d’alphabétisation pour les adultes qui ont perdu l’occasion d’étudier à cause de l’insécurité. Il arrive aussi que chrétiens et musulmans travaillent ensemble à cet objectif. L’évêque loue, par exemple, un propriétaire musulman qui a mis gratuitement à disposition un bâtiment, afin qu’il puisse servir d’école pour les réfugiés.

Même dans un contexte marqué par la violence, chrétiens et musulmans peuvent travailler ensemble pour le bien commun, assure Mgr Gerald Musa qui conclut : « Lorsque nous éduquons les jeunes et accompagnons ceux qui ont tout perdu, nous semons l’espérance pour l’avenir. »

(Sources : Aide à l’Église en Détresse 01/09/2026 ; Tribune chrétienne 29/08/2026)

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