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Les évêques de France déplorent le vote de « l’aide à mourir »

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Le proposition de loi sur « l’aide à mourir » a été adoptée par les députés en seconde lecture, le 25 février. Dans un communiqué du 27 février, la Conférence des évêques de France (CEF) déplore ce vote et réitère sa profonde opposition à la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté. Alors que ce texte de loi n’a été adopté qu’à une courte majorité (299 votes pour, 226 votes contre, 37 abstentions), les évêques jugent « grandement préoccupant» que, « sur un sujet d’une telle gravité », le  gouvernement et la majorité aient fait « le choix de continuer à avancer en l’absence de consensus large ». « Car légaliser l’aide à mourir ne relève pas d’un simple ajustement technique du droit: il s’agit en réalité d’un basculement anthropologique qui modifie en profondeur les repères de la société. »

Les évêques soulignent « le faible écart de voix ayant permis l’adoption du texte », mais aussi « l’augmentation constante du nombre de votes s’y opposant ». En effet, en première lecture, le 27 mai 2025, la proposition de loi sur l'aide à mourir avait été adoptée avec 305 voix pour, 199 contre et 57 abstentions. « Entre mai 2025 et février 2026, 16 députés abstentionnistes ont rejoint les rangs de l’opposition, et 4 autres députés ont été convaincus de renverser leur vote, rejoignant l’opposition» précise le Centre Européen pour le droit et la Justice (ECLJ : European Center for Law & Justice). L'augmentation du nombre de parlementaires opposés à cette loi reflète la prise de conscience qui s’opère dans l’opinion publique, selon une étude publiée par la Fondation pour l’innovation politique. Cette évolution doit encourager « les chrétiens à s’engager aujourd'hui davantage pour promouvoir les soins palliatifs » et empêcher « que la mort provoquée puisse entrer dans le droit français » a déclaré à Radio Vatican Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre et porte-parole des évêques de France sur la fin de vie.

« Une question aussi essentielle, qui engage la conception même de la dignité humaine et du rôle de la médecine, ne peut être tranchée à une majorité aussi fragile sans laisser subsister un malaise démocratique profond », avertissent les évêques. Ils pointent également le refus d’accorder une « clause d’établissement visant au respect des chartes éthiques propres à certains établissements » (ce qui contraindrait les cliniques et EHPAD catholiques à laisser pratiquer l’euthanasie dans leurs murs), et le maintien du délit d’entrave à l’euthanasie et au suicide assisté qui « s’oppose gravement à la liberté de conscience » et « comporte un risque réel quant aux actions de prévention contre le suicide ».

En revanche, l’épiscopat salue l’adoption à l’unanimité (491 voix pour, 0 contre, 69 abstentions) du renforcement des soins palliatifs, l’autre proposition de loi sur la fin de vie.

Malgré ce vote à l’Assemblée nationale, le processus législatif est loin d’être achevé. Le Sénat doit examiner les deux textes en deuxième lecture à partir du 1er avril. Une opposition d’une majorité de sénateurs sur « l’aide à mourir » entraînerait la réunion d’une commission mixte paritaire, puis une nouvelle lecture dans les deux chambres, avant un vote final de l'Assemblée nationale. Il reviendrait alors au Premier ministre de lui accorder le dernier mot pour que la loi soit promulguée par le Président de la République.

(Sources : Vatican News, 27/02/2026 et 02/03/2026 ; ECLJ,27/02/2026 ; La Sélection du Jour, 02/03/2026)

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