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Mexique : à la recherche des desaparecidos

Cathédrale de l'Assomption de Marie de Mexico / Bruno Rijsman

La Conférence des évêques du Mexique (CEM) dénonce à longueur de communiqués la violence des groupes de narcotrafiquants qui gangrènent le pays. Les « disparitions » sont devenues dramatiquement communes. Elles cachent en réalité des exécutions sommaires commises par ces groupes ultra-violents, qui dominent les populations par la terreur. La CEM a constaté en particulier, début juin, que les disparitions forcées avaient augmenté de 40% alors que le gouvernement se réjouissait d’annoncer une diminution de 15% des homicides volontaires. L’écart des statistiques donne une idée de la sinistre réalité du phénomène des desaparecidos, littéralement « les disparus ». La plupart sont assassinés sommairement et on ne retrouve souvent rien d’eux.

Cette réalité a été tristement illustrée au début de l’année 2025 par la découverte d’un camp d’extermination géré par un cartel de la drogue dans l’État de Jalisco. Il comprenait en particulier des fours crématoires clandestins destinés à réduire en cendre les cadavres des personnes assassinées. « Il existe des souffrances qu'une société ne peut se permettre de normaliser », avertissent les évêques dans Desde la fe, l'hebdomadaire d'information officiel de l'Archidiocèse métropolitain de Mexico. Parmi eux, Mgr Javier Acero Pérez, évêque auxiliaire de l’Archidiocèse de Mexico, appelle à « former une caravane de solidarité » entre tous les acteurs sociaux pour qu’ils soutiennent les familles endeuillées.

Connu pour le soutien qu’il apporte à l’association des Madres Buscadoras – littéralement les « mères chercheuses » - il rapporte des scènes déchirantes. Des femmes qui brandissent le portrait d’un fils disparu pendant des jours, dans la rue et finissent par faire partie du paysage. D’autre qui, sur la foi d’une rumeur, creusent désespérément dans le désert à la recherche des restes de leur enfant. Ainsi Brisa, mère d'un jeune homme disparu depuis trois ans, a expliqué qu'en raison du manque d'aide des instances officielles, elle avait décidé de se former en anthropologie médico-légale afin de poursuivre elle-même les recherches sur son fils.

L’évêque constate aussi que certaines familles se taisent, craignant des représailles si elles se rendent auprès de la police pour rapporter la disparition d’un proche. Une autre des Madres Buscadoras, Evangelina Contreras, recherche sa fille Tania depuis 13 ans et lance cet appel :  « Je m'adresse également aux familles dont un enfant a disparu et qui ont peur de le signaler : n'ayez pas peur, ensemble nous les retrouverons. Je prie Dieu chaque jour de me donner la force de vivre jusqu'à ce que je la retrouve. »

Comme Mgr Javier Acero Pérez, l’association de mères de disparus proclame que ces enlèvements de masse ne peuvent pas être ignorés par la société et qu’ils représentent une blessure terrible pour le peuple mexicain. Selon les derniers chiffres publiés par le gouvernement mexicain, 132 534 personnes demeurent introuvables en 2026.

Sources : Imagen Zac (26/05/2026), Desde la Fe (16/06/2026), Diario Xalapa (17/05/2026)

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