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Le Pape n’oublie pas le Myanmar

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La visite des évêques de Birmanie – ou Myanmar – auprès du pape Léon XIV a donné l’occasion au Souverain pontife de leur assurer : « Le Myanmar n’est pas oublié ». Les chrétiens de Birmanie, qui représentent 8% de la population, subissent les pressions d’un gouvernement autoritaire et paranoïaque. Toute forme d’organisation, même ouvertement pacifique, est perçue comme une menace par la junte militaire qui mène une guerre contre son propre peuple depuis le coup d’État de février 2021.

Lors de cette rencontre, les évêques ont salué la charité de l’Église qui s’est notamment manifestée lors du tremblement de terre du 28 mars 2025. Ce séisme avait causé la mort de plus de 5000 personnes. À cette occasion, Caritas Myanmar avait soutenu 399 600 personnes réparties dans 631 communautés et 29 municipalités. L’organisation a fourni de la nourriture, des abris, de l’eau potable. Ce désastre a provoqué des manifestations d’unité entre Birmans ont assuré les évêques. Catholique, bouddhistes, musulmans et hindous se sont soutenus les uns les autres au milieu de la dévastation, ont-ils déclaré.

La menace la plus meurtrière qui pèse sur la Birmanie, à savoir la guerre civile qui la ravage depuis cinq ans, n’a pas été ouvertement évoquée. Le clergé birman sait qu’il est écouté et que toute déclaration qui pourrait être interprétée comme une condamnation du gouvernement de la junte entraînerait des répercussions terribles sur les chrétiens du pays.

Ils subissent déjà les conséquences de la guerre et l’hostilité plus ou moins larvée d’une partie de l’armée birmane. Ainsi, le 30 mai dernier, lors d'une avancée de l'armée dans le township de Mindat, deux civils chrétiens, un adolescent de 16 ans et un homme de 60 ans, père d'un pasteur local, ont été capturés et exécutés par les soldats de la junte. Quelques mois plus tôt, en février 2026, l'église du Sacré-Cœur de Jésus de Mindat a été bombardée alors qu’elle venait tout juste d’être élevée au rang de cathédrale. En raison de l’intensité des combats, l’agence Fides rapporte que 5 évêques birmans – le pays compte 17 diocèses – ont été contraints de fuir leurs sièges épiscopaux pour rejoindre des zones plus sûres.

Sans évoquer ouvertement la guerre civile, Mgr Raymond Sumlut Gam, président de Caritas Myanman, a imploré lors de sa visite au Vatican : « Ne nous oubliez pas. N’oubliez pas notre crise. Notre voix est très faible. Nous avons besoin des autres pour la faire entendre. »

Sources : Asianews (10/06/2026), Aide à l’Église en Détresse (Rapport sur la Liberté religieuse 2025), Fides (05/06/2026)

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