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« Halte aux opérations militaires en Papouasie ! »

L'église st André en Papouasie Nouvelle Guinée / Wikicommon

Un collectif œcuménique d’associations chrétiennes assemblées autour du Papuan Council of Churches dénonce la violence de l’armée indonésienne, déployée dans les régions occidentales de l’île de la Nouvelle-Guinée. Dans un communiqué commun, les responsables de ces entités chrétiennes ont
demandé le retrait immédiat de l’intégralité des 16 900 militaires qui opèrent dans la région.

Les responsables chrétiens dénoncent les projets stratégiques nationaux qui motivent la présence massive d’hommes en armes sur leur territoire. Ces projets d’exploitation des ressources naturelles s’accompagnent du vol de terres qui appartiennent aux indigènes Papous.
Depuis l’annexion des territoires papous par l’Indonésie en 1969, le territoire a été progressivement mis en coupe réglée, au détriment de la population locale. Les projets agricoles et miniers se sont multipliés, détruisant les cultures vivrières des natifs, en même temps que la biodiversité locale. Or, ce processus risque de s’accélérer si l’actuel président Prabowo confirme ses ambitions de « planter la Papouasie » selon l’une des expressions qu’il a employées pour qualifier sa politique de développement. Il souhaite faire de cette région une usine à huile de palme et à sucre de canne, afin de doper les exportations du pays.

Confrontés au ravage de leurs terres, les Papous, qui défendent leurs droits à conserver leur mode de vie, sont invariablement qualifiés de « séparatistes », voire de « terroristes » et violemment réprimés. Pour faire la lumière sur la situation de cette région du monde, le collectif rassemblé par Papuan Council of Churches réclame également que les journalistes puissent opérer librement dans ces zones. Le journaliste français Cyril Payen qui avait publié un reportage « Le guerre oubliée des papous » est persona non grata dans le pays. Il est actuellement impossible d’obtenir un visa de journaliste pour accéder aux territoires natifs des Papous. Même les associations humanitaires ne peuvent pas y travailler librement, à cause des obstacles dressés par l’administration indonésienne.

À la faveur de cette opacité, certains membres des forces de sécurité indonésiennes s’adonnent à des exactions contre la population. 100 000 personnes ont fui leur domicile en raison de ces violences. Selon la Commission nationale des Droits de l’Homme, 115 actes de violence ont été recensés en 2025, causant la mort de 130 personnes. Cela représente une hausse par rapport à l’année 2024, durant laquelle 81 actes de violences avaient été recensés, causant la mort de 71 personnes.

Source : Ucanews (23/02/2026) et Prabowosubianto (09/03/2026)

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