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En Afrique, le Pape a encouragé les peuples a prendre en main leur propre destin

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Ce thème est revenu dans les nombreux discours et homélies prononcés par Léon XIV lors de son voyage apostolique en Afrique (13-23 avril) : le Pape a encouragé les Africains, en particulier les jeunes, à être des acteurs au service de leur pays, matériellement et spirituellement. Ainsi, le 16 avril, deuxième jour de sa visite au Cameroun, dans son homélie à l’aéroport de Bamenda, il a invité les fidèles à être des acteurs actifs de paix et de renouveau dans l’obéissance au Seigneur. « C'est le moment de changer, de transformer l'histoire de ce pays. Aujourd’hui et non demain » a-t-il insisté, en dénonçant ceux qui exploitent et déchirent le continent africain.

Située dans la zone anglophone du Cameroun, Bamenda a été pendant une décennie, un foyer de violences séparatistes qui ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.        

« Je suis venu pour partager votre cheminement, vos peines et vos espoirs » a déclaré le Souverain pontife au début de son homélie. Au milieu de « situations qui brisent le cœur et plongent dans la détresse », le Pape a assuré que « la consolation des cœurs brisés et l’espérance d’un changement de société sont possibles si nous nous en remettons à Dieu » dont la Parole « ouvre des espaces et engendre transformation et guérison ». « Dieu est nouveauté, Dieu crée des choses nouvelles, Dieu fait de nous des personnes courageuses qui, en défiant le mal, construisent le bien. » Lui obéir « n’est pas un acte de soumission qui nous opprime ou nous prive de notre liberté », bien au contraire, cette obéissance « nous rend libres » : « elle signifie Lui confier notre vie et laisser sa Parole inspirer notre façon de penser et d’agir ».

Il est possible, a précisé le Souverain pontife, d’être « des acteurs actifs du changement », en répondant aux multiples « formes de pauvreté qui touchent encore actuellement un très grand nombre de personnes dans le contexte d’une crise alimentaire en cours »; en faisant face à la « corruption morale, sociale et politique, liée surtout à la gestion des richesses qui empêche le développement des institutions et des structures » qui affecte notamment « les systèmes éducatif et sanitaire », et qui provoque « la grande migration vers l’étranger, en particulier des jeunes » que le Pape encourage à rester au service de leur pays.

C’est aussi un appel à la justice et à la réconciliation pour bâtir un pays nouveau que Léon XIV a lancé en Angola, le dimanche 19 avril, septième jour de son voyage en Afrique. Le Pape a présenté ainsi le motif de sa visite : « Je suis ici, parmi vous, au service des meilleures énergies qui animent les personnes et les communautés dont l’Angola est une mosaïque hautement colorée. Je souhaite écouter et encourager ceux qui ont déjà choisi le bien, la justice, la paix, la tolérance, la réconciliation ». « Je souhaite vous rencontrer dans la gratuité de la paix et reconnaître que votre peuple possède des trésors qui ne peuvent être ni vendus, ni volés » a-t-il lancé dans son premier discours aux autorités politiques. « Vous savez bien que trop souvent, on a regardé et on regarde encore vos régions pour donner ou, le plus souvent, pour prendre quelque chose. Il faut briser cette chaîne d’intérêts qui réduit la réalité et la vie elle-même à une marchandise d’échange » a-t-il poursuivi.

Prenant l’Angola comme emblématique du continent, le Pape a déclaré :  « L’Afrique a un besoin urgent de surmonter les situations et les phénomènes de conflit et d’hostilité qui déchirent le tissu social et politique de tant de pays, alimentant la pauvreté et l’exclusion ». Positivement, il a discerné « une source de joie et d’espérance, que je n’hésiterais pas à qualifier de vertus politiques » dans le dynamisme de « ses jeunes et ses pauvres [qui]  rêvent encore, espèrent encore, ne se contentent pas de ce qui existe déjà, souhaitent se relever, se préparer à assumer de grandes responsabilités, s’engager personnellement ».

Saluant la « sagesse d’un peuple, qui ne se laisse éteindre par aucune idéologie », le Saint-Père a ajouté : « Le désir d’infini qui habite le cœur humain est un principe de transformation sociale plus profond que n’importe quel programme politique ou culturel ».

(Sources : Vatican News, 16/04/2026 ; 18/04/2026 ; 19/04/2026)

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