Actualité en bref   Débats 

L’administration Trump s’en prend à Léon XIV

« Il est très, très important que le Pape fasse preuve de prudence » a déclaré le vice-président américain, JD Vance. Il répondait au Saint Père qui suppliait : « Assez avec l'idolâtrie du moi et de l'argent ! Assez avec l'étalage de puissance ! Assez avec la guerre ! »

Donald Trump s’est dit assez peu « fan » de Léon XIV, qu’il estime « faible face à la criminalité et catastrophique en matière de politique étrangère ». Pour justifier la guerre contre l’Iran, il affirme : « Il est très important que le Pape comprenne que l’Iran est une menace pour le monde. »

Interrogé sur les phrases de Donald Trump le visant, le Pape a répondu : « Je n’ai pas peur de l’administration Trump. » À maintes reprises, comme tous ses prédécesseurs, le Souverain Pontife prêche la paix et rappelle que Dieu « n’écoute pas les prières de ceux qui font la guerre. » « Personne ne peut utiliser [Jésus] pour justifier la guerre », a souligné Léon XIV.

Cette joute oratoire sur fond de guerre au Moyen-Orient, révèle une opposition religieuse de plus en plus radicale. Comme le déplore le youtubeur dominicain Paul-Adrien d’Hardemare, on assiste à propos du conflit États-Unis-Iran, à un glissement vers une rhétorique qui « absolutise » la guerre. L’islam fanatique est depuis longtemps dans cette logique fondamentaliste. Mais, selon le père Paul-Adrien, on commence à observer cette même tendance à la Maison Blanche.

Dans le bureau ovale, on prie sous l’influence de la conseillère spirituelle de Trump, la pasteur évangéliste Paula White, qui va jusqu’à comparer Donald Trump au Christ. « Vous avez été trahis, arrêtés et accusés à tort. C’est un schéma familier que notre Seigneur et Sauveur nous a montré », affirme-t-elle. Trump a posté sur son réseau social une image générée par l’intelligence artificielle qui le montre dans une dimension christique sur fond d’avions de guerre. Le secrétaire à l’armée, Pete Hegseth, cite souvent des versets bibliques pour justifier la guerre en Iran, notamment « Béni soit le Seigneur, mon rocher, qui exerce mes mains au combat et mes doigts à la bataille. » (Ps 143,1). Certains, à Washington, pensent que Trump est envoyé par Dieu pour ce combat. « Nous combattons des fanatiques religieux qui cherchent à se doter de l'arme nucléaire pour déclencher un Armageddon religieux (fin des temps) », a déclaré Hegseth à propos des dirigeants iraniens lors d'une interview sur CBS. 

Le catholique JD Vance prétend que la guerre en Iran répond aux critères de guerre juste. Ce n’est pas l’avis des évêques américains. Mgr James Massa, président du Comité de doctrine de la Conférence des évêques américains, écrit dans un communiqué du 15 avril : « Depuis plus de mille ans, l'Église catholique enseigne la théorie de la guerre juste. […] Un principe constant de cette tradition millénaire est qu'une nation ne peut légitimement prendre les armes qu' “en légitime défense, une fois que tous les efforts de paix ont échoué” (CEC 2308).»

Selon Mgr. Massa, pour qu’une guerre soit juste, il faut préalablement que la paix soit privilégiée, que la vie des innocents soit protégée, que les actes militaires soient proportionnés au danger, que la force ne soit que le dernier recours, et qu’elle ait des chances réalistes de succès. Or, selon le magistère de l’Église catholique, ces critères sont de moins en moins présents dans les guerres modernes.

Mgr. Daniel Flores, évêque de Brownsville, au Texas, relève que « si les enseignements [du Pape] ne correspondent pas à ce que nous voulons entendre, nous devons admettre que le problème réside probablement dans nos désirs et non dans son enseignement ». Robert W. McElroy, archevêque de Washington, affirme que « la décision des États-Unis d’entrer en guerre contre l’Iran ne remplit pas les conditions requises pour définir une guerre juste. » Timothy Broglio, archevêque aux Forces armées des États-Unis, qui avait déjà envisagé que les militaires pouvaient être amenés à désobéir si Trump envahissait le Groenland, abonde dans le même sens, concernant l’Iran : « Il est difficile de voir comment le conflit actuel répond aux critères traditionnels de la guerre juste. »

(Sources : theguardian, ncregister)

Retour à l'accueil