Guinée équatoriale, dernière étape du voyage papal

Le pape en Guinée équatoriale / capture d'écran DRM News

Teodoro Nguema Obiang Mangue dit « Teodorin », le vice-président du Guinée équatoriale, présente la visite du pape comme le triomphe de sa diplomatie. « La République de Guinée équatoriale vit aujourd'hui l'un des moments les plus glorieux de son histoire contemporaine », lit-on sur le site de la Guinée Équatoriale Press. En effet, du 21 au 23 avril, Léon XIV a rendu visite à ce singulier petit pays de l’ouest africain. Catholique à plus de 80%, hispanophone, il a du pétrole, une population jeune et…. un taux de corruption inquiétant.

L’autre « Tedodoro », Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, le père de Teodorin, continue à occuper le poste de Président qu’il a conquis en 1979. Il a 83 ans et détient le record mondial de longévité au pouvoir pour un chef d'État en exercice, hors monarchie. Ce régime a été classé à la 155e place sur 180 pour la corruption par l’organisation Reporter sans frontière, et le contrôle de la parole publique se ressent dans la couverture médiatique de la visite papale. Les allusions précédentes de Léon XIV à l’encontre de la corruption, notamment lors de son étape au Cameroun, ont été soigneusement éludées.

La presse d’opposition, qui existe en dehors du pays, a critiqué le coût de l’évènement et un mot d’ordre circule sur les réseaux sociaux : « Nous voulons la bénédiction de Léon XIV, pas la facture d'Obiang [le président Teodoro Obiang] ». Pourtant, même ceux qui critiquent la gestion du gouvernement se réjouissent de la venue du Pape, universellement salué dans la catholique Guinée équatoriale. Et ce d’autant plus que l’Église y est un acteur irremplaçable dans les domaines de la santé et de l’éducation.

Ce dernier point, en particulier, fait l’objet de toute l’attention du Pape. Il a inauguré mardi 21 avril une université guinéenne « Léon XIV » qui devrait former l’élite du pays à partir de la rentrée 2026. La Guinée équatoriale s’enorgueillit d’avoir l’un des taux d’alphabétisation les plus hauts du continent. Mais, si 90 % des enfants sont bien présents au primaire, ils ne sont plus que 50 % environ à atteindre le secondaire. En zone rurale, ce chiffre tombe à 3%. Pour améliorer le niveau global des écoliers, le gouvernement travaille en partenariat avec les écoles catholiques. Elles représentent plus du tiers des écoles secondaires du pays et bénéficient d’une réputation de discipline et d’excellence.

Le président, bien conscient de cet enjeu, a publiquement salué l'Église catholique comme un partenaire historique dans l'éducation et la moralisation de la société. Quant à Léon XIV, son voyage suggère qu’il a bien conscience de l’importance prépondérante du continent africain pour l’avenir de l’Église catholique. Dès à présent, écrit l’éditorialiste de All Africa : « L'Afrique n'est plus une périphérie, mais un centre de gravité religieux et démographique ».

Sources : Guinée Équatoriale Press (21/4/2026), Ecomatin (26/3/2026), AllAfrica (13/4/2026)

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