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Gaza « La guerre n’est pas finie ! »

Gaza / WikiCommon

Depuis la paroisse de la Sainte-Famille, au cœur de Gaza, le curé Gabriel Romanelli adresse un appel pressant : « La guerre n’est pas finie, même si médiatiquement, elle le semble ». Prêtre missionnaire auprès de la petite communauté catholique locale, il a partagé avec elle les moments les plus intenses des frappes israéliennes. Il rappelle que malgré le cessez le feu d’octobre 2025, des bombardements endeuillent toujours la ville. « Derrière la Ligne jaune, maisons détruites, morts et blessés continuent d’être recensés », déplore-t-il.

Cette « Ligne jaune » désigne la frontière militaire établie lors du cessez-le-feu du 10 octobre 2025. Elle sépare les zones contrôlées par Israël, à l’est et au sud, de la zone sous contrôle du Hamas, à l’ouest, où se trouve la paroisse de la Sainte-Famille, à Gaza City, rattachée au Patriarcat latin de Jérusalem. Elle est supposée être étanche, mais elle serait franchie régulièrement par des miliciens du Hamas, si l’on en croit les communications de l’armée israélienne. Pour les civils, comme les paroissiens du père Romanelli, il est pratiquement impossible de la franchir. Cette absence de mobilité empêche la majorité des 2,3 millions de Gazaouis de travailler, et elle a aussi des conséquences dramatiques pour les malades et les blessés qui ne peuvent pas recevoir de soins adaptés. « Le système hospitalier [de la bande de Gaza] est devenu fantôme », souligne le prêtre. Plus de 18 500 patients, dont 4 000 enfants, attendent évacuation médicale, selon Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). Le bureau regrette que, dans le même temps, seules 50 sorties par jour soient autorisées par l’autorité israélienne.

« Il est absolument nécessaire que la guerre cesse. Or il semble que, dans le monde, personne ne s’y engage réellement de manière efficace », se désole le père Romanelli, qui décrit un quotidien rythmé par l’absence d’eau potable et d’électricité. Selon des informations de l’Unicef relayées par le curé de Gaza, 100 enfants gazaouis sont morts depuis le début du cessez-le-feu, soit presque un enfant par jour. « Ils ne sont pas morts de causes naturelles », assure le prêtre, qui évoque les bombardements et les conditions insalubres qui favorisent les épidémies.

Sources : Aide à l’Église en Détresse (4/02/2026) ; OCHA (Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU) (février 2026)

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