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Nigeria « La foi de notre peuple est inébranlable »

l'Organisation des hommes catholiques de l'aumônerie nigériane / NCCMO

Le nom du Nigeria résonne tristement aux oreilles de ceux qui s’intéressent au sort des chrétiens persécutés dans le monde. Le pays détient depuis une dizaine d’années le record du plus grand nombre de martyrs, selon les associations Portes Ouvertes et Aide à l’Église en Détresse. En particulier, l’État du Borno, au nord-est, a acquis une renommée internationale en raison de l’émergence de l’un des groupes djihadistes les plus violent de l’histoire. Ses militants l’appellent le Groupe sunnite pour la prédication et le djihad, alors que ses détracteurs l’ont surnommé Boko Haram.

Après avoir terrorisé les populations surtout à partir de 2009, Boko Haram a connu une succession de défaites militaires, notamment en 2016, année de sa scission en deux groupes antagonistes : l’État islamique en Afrique de l’Ouest et le Groupe sunnite pour la prédication et le djihad. À la faveur de cette division des terroristes, la situation s’est considérablement améliorée dans la région, au point que les fidèles reviennent « non pas par centaines, mais par milliers » assure Mgr Oliver Doeme, évêque de Maiduguri, un diocèse considéré naguère comme le plus exposé de tout le pays.

Alors que d’autres États sont toujours endeuillés par de nouvelles incursions djihadistes, l’évêque assure que l’invasion des extrémistes musulmans et la fuite des chrétiens ne sont pas une fatalité : « La foi de notre peuple est inébranlable. Le nombre de catholiques dans notre diocèse dépasse à présent celui que nous avions atteint avant la crise de Boko Haram. Nous avons beaucoup de mariages, le nombre d’enfants qui reçoivent la première communion s’envole, le nombre d’enfants baptisés atteint le millier. »

Pour prendre la mesure de cette extraordinaire vitalité, l’évêque rappelle qu’en 2014, au moment du pic d’activité du groupe terroriste, les chrétiens étaient continuellement attaqués. Leurs agresseurs ne cachaient pas leur intention de « nettoyer » ethniquement la région. À cette époque, plus de 90 000 catholiques ont fui leurs foyers, un millier ont été tués, 279 ont été enlevés dont une centaine sont toujours portés disparus. « De jeunes hommes étaient enrôlés dans l’armée de Boko Haram, certains sont revenus mais d’autres demeurent avec eux », rappelle l’évêque. 200 églises et 10 paroisses ont aussi été détruites, en même temps que des habitations et des dispensaires.

Pourtant cette situation dramatique n’a fait qu’accroître la foi de ce peuple martyrisé relève Mgr Bakeni. Malgré les fusillades, les attentats et les razzias, les gens se rendaient à la messe pour recevoir les sacrements. Il voit une forme d’ironie à ce que les actions dirigées contre les fidèles ont eu pour conséquence de les renforcer. Les prêtres se sont montrés fort dans la foi et courageux, se réjouit encore l’évêque. Il sait pourtant que la situation globale du pays demeure préoccupante : « Dans beaucoup d’autres régions du pays, l’insécurité règne, nous nous reposons avec les yeux ouverts ».

Sources : Aide à l’Église en Détresse (18/02/2026)

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