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Les chrétiens nigériens résistent face à l'adversité

Le pasteur Ezekiel Dachomo / Vickerdent Studios

Le visage jovial du pasteur Ezekiel Dachomo, de l’État du Plateau, au cœur du Nigeria, devient l’un des symboles de l’endurance de sa communauté. En effet, dans les États centraux, les chrétiens subissent les assauts répétés des djihadistes Fulani (synonyme de Peuls), qui tentent d’accaparer leurs territoires en les massacrant.

Personnage médiatique à la parole libre, le pasteur Dachomo ne craint pas de dénoncer ces attaques en même temps que l’inefficacité des forces de sécurité. Elles se montrent en effet incapables d’arrêter les attaques des djihadistes. Il dénonce également le manque de réaction de la part d’autorités religieuses dans l’un de ses communiqués. « Je respecte Allah et les gens d’Allah, mais quand je vois les monceaux des cadavres de personnes tuées par ceux qui suivent Allah, que devrais-je dire ? » Il précise dans ses discours que beaucoup de chrétiens sont assassinés tandis que leurs bourreaux crient « Allahu Akbar ! » et qu’il est hypocrite de cacher ce fait.

Dans son texte, le pasteur assure qu’en plus d’être criminels, ceux qui agissent de la sorte montrent un manque de confiance envers le Dieu qu’ils prétendent adorer : « Je serais stupide si je tuais quelqu’un parce qu’il a insulté Jésus ; Jésus est un être surnaturel, Il peut se défendre par lui-même ».

Les prises de paroles publiques du pasteur lui ont valu de multiples menaces de mort, au point que l’asile lui a été proposé à l’étranger, en particulier en Australie. Il a refusé : « Je n’irai nulle part, je resterai avec les chrétiens persécutés » affirmait-il le 5 mars.

Le jour même, une nouvelle attaque ensanglantait le centre du Nigeria, dans l’État du Benue (à l'est du Nigeria), faisant 20 morts. Ce nouvel assaut illustre exactement les carences que le pasteur avait pointées du doigt. Les assaillants, venus d’autres régions, ont attaqué et tué aveuglément, dans le but d’instiller la terreur. Comme dans bien d’autres cas, les forces de sécurité ne sont pas intervenues et seules les forces d’autodéfense ont tenté de mettre fin au carnage. Un jeune volontaire local, Atungwu Angel, a été tué en défendant son village. Un autre, Ample Maigida, a été gravement blessé. « Notre communauté aurait pu être complètement submergée sans leur sacrifice » assure un témoin de la scène.

Sources : Morning Star News (12/03/2026) et Truth Nigeria (10/03/2026)

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