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Les chrétiens de Terre sainte appellent au secours

Le père Bashar Fawadleh / nabd10.ps

Le ministre libanais des Affaires étrangères Youssef Raggi appelle à l’aide le Vatican pour protéger les villages chrétiens du sud du pays, menacés par l’incursion israélienne contre le Hezbollah allié de l’Iran. Le ministre a publiquement fait savoir qu’il s’était adressé à Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire du Saint-Siège pour les Relations avec les États et les Organisations internationales, afin d’obtenir le soutien diplomatique de l’État pontifical. Depuis plusieurs semaines, les incursions et bombardements israéliens menacent tous les Libanais.

Pierre Al-Raï, le curé maronite du village chrétien de Qlayaa, distant de 4 km de la frontière avec Israël, a été tué le 9 mars par un obus israélien alors qu’il portait secours à un paroissien blessé. La veille, à Alma al-Chaab, autre village chrétien jouxtant la frontière israélienne, un homme de 70 ans, a été victime lui aussi d’un bombardement israélien. Le 10 mars, après être restés confinés dans leur église pendant plus d'une semaine, les derniers habitants d’Alma Al-Chaab ont été évacués sous escorte de la Finul. Comme eux, les habitants chrétiens de plusieurs villages frontaliers du sud du Liban commencent à fuir. Ils avaient résisté aux injonctions de l’armée israélienne à quitter leurs foyers, craignant -non sans raison – de ne jamais pouvoir y retourner.

Dans le même temps, la pression israélienne s’accroît sur les chrétiens vivant en Cisjordanie. Le 8 février 2026, le gouvernement israélien a adopté une décision renforçant l’autorité de son administration civile et militaire sur les terres et le foncier en Cisjordanie. Ces décisions permettent désormais aux autorités israéliennes d’intervenir directement dans des secteurs qui relevaient jusqu’ici de l’Autorité palestinienne. Or l’autorité israélienne se montre peu encline à condamner les colons israéliens qui harcèlent les Palestiniens. Certains d’entre eux empêchent les bergers de se rendre dans leurs pâturages, les privant ainsi de leur principal moyen de subsistance. D’autres accaparent des terres par la force, vandalisent des biens, volent du bétail. 

Le père Bashar Fawadleh, curé de la paroisse latine de Taybeh, constate une aggravation de ces comportements et craint que la pression n’augmente. Dernier village palestinien à majorité chrétienne, cette commune de 1400 âmes voit chaque année son territoire et ses libertés s’amenuiser. Les incursions de jeunes colons, hurlant des slogans antichrétiens, se sont succédé durant l’été 2025, suivies de départs d’incendies criminels, y compris contre une église heureusement inoccupée.

Malgré la gravité de ces actes, qui demeurent impunis, les villageois de Taybeh demeurent attachés à leur terre. « Quitter la terre est parfois une nécessité humaine, mais rester est souvent un acte de foi et d’espérance », témoigne le père Fawadleh. Cet acte de foi demande une aide concrète, en particulier auprès des jeunes qui ont besoin de perspectives, alors qu’ils vivent sous la domination d’une administration hostile. Confronté à cette malveillance, le curé de la paroisse latine espère que les États et la communauté internationale agiront pour documenter les incidents et prendre la défense des civils.

Le curé en appelle aussi à l’Église universelle. Ses paroissiens et lui-même ont besoin de prières, assure-t-il. Elle a aussi besoin d’une assistance matérielle pour que ses paroissiens puissent se rendre sur leurs terres agricoles et dans leurs lieux de culte sans craindre d’être agressés. « Aidez-nous à faire en sorte que les chrétiens de cette terre restent une communauté vivante, enracinée dans la foi, et ne deviennent pas seulement un souvenir du passé », demande-t-il.

(Sources : Aide à l’Église en détresse,12/03/2026 ; Vatican News,11/03/2026 ; Aleteia, 10/03/2026)

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