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France. Offensive concertée contre l’Enseignement catholique

Collège Saint-Augustin de Bitche - Wikimedia Commons

L’année 2025 a été marquée par un regain d’attaques contre l’Enseignement catholique. En position de faiblesse depuis l’affaire Bétharram, en février, celui-ci se voit aussi attaqué via le prestigieux Collège Stanislas, à Paris, auquel la mairie de Paris a suspendu son financement, le 17 décembre. Le Secrétariat général de l’Enseignement catholique a déploré la décision du Conseil de Paris en soulignant que le versement de ces forfaits est une obligation légale, tant que l’établissement reste sous contrat avec l’État.

La révélation des violences et des agressions sexuelles, révélées au sein de l'institution Notre-Dame de Bétharram, près de Pau, avaient mis en difficulté le Premier ministre d’alors, François Bayrou, dont la circonscription électorale inclut cet internat renommé, fréquenté par ses propres enfants. Le 11 février, devant la représentation nationale, il assurait ne pas avoir eu connaissance des abus dont sont accusés des prêtres et des laïcs éducateurs. Entendu à son tour le 2 avril par la commission d’enquête mise en place à l’Assemblée nationale, le Secrétaire général de l’Enseignement catholique, Philippe Delorme, avait peiné  à  faire face au flot de questions de cette commission dont les corapporteurs sont Violaine Spillebout (MoDem) et Paul Vannier (LFI) – celui-ci est un adversaire déclaré de l’Enseignement catholique, comme les élus LFI.

Cette contre-performance  a conduit les évêques à ne pas renouveler le contrat de Philippe Delorme. L’assemblée plénière de la Conférence des évêques de France a nommé à sa place, comme Secrétaire général de l’enseignement catholique, Guillaume Prévost, un ancien de l’École Navale et de la Marine Nationale (il a notamment exercé des responsabilités de commandement au sein des forces sous-marines stratégiques), et un énarque rompu aux arcanes de l’Éducation nationale par de hautes fonctions au sein de la Direction générale de l’Enseignement scolaire de la rue de Grenelle.

Barreur de gros temps, Guillaume Prévost a choisi d’affronter la vague anti-cléricale en insistant sur  le service rendu à toute la nation par l’Enseignement catholique, par lequel passe un enfant sur deux au cours de sa scolarité. Certes le succès de l’Enseignement catholique est dopé par le refuge qu’il représente aux yeux de parents fuyant la carte scolaire ou échaudés par le marasme de l’Éducation nationale. Mais ne nous y trompons pas, assure le nouveau Secrétaire général : l’Enseignement catholique est d’abord destiné aux les personnes pauvres, expliquait-il à Aleteia lors de la rentrée : « Il faut qu’on se pose des questions, que l’on aille à leur rencontre. Pas seulement avec une vision sociale mais en voyant l’enfant et sa pauvreté, sa capacité de recevoir. Pour tout cela, l’Enseignement catholique est un atout formidable pour la société. »

 Guillaume Prévost a développé ce thème devant les députés, le 2 décembre. « Catholicité » et « mixité sociale » vont de pair dans bien des établissements catholiques qui ne font pas l’actualité comme quelques écoles renommées des centres-villes. A propos des programmes Evar/Evars (Espaces vie affective, relationnelle et sexuelle) imposé aux établissements sous contrat d’association, il a assuré qu’ils seraient appliqués mais complétés par d’autres intervenants que les professeurs et dans d’autres cadres que la classe, dans le respect du « caractère propre » de l’Enseignement catholique. Passant à la contre-offensive, le Secrétaire général a demandé à la représentation nationale de faire un travail d’enquête sur de « graves abus d’autorités » de la part d’inspecteurs de l’Education nationale, interrogeant des élèves sans présence d’adulte ou questionnant des enseignants sur leur pratique religieuse.

2026 verra si l’État est encore capable de tolérer une autre instruction que celle de  l’Éducation nationale, et en particulier si la liberté  de proposer une vision éducative fondée sur l’Évangile a encore droit de cité en France.

(Sources : Aleteia, 26/12/25 ; Le Figaro,  19/12/2025)

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