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Birmanie : briser le cycle de 75 ans de guerre

Des soldats birmans - Thet Aung, AFP

Le gouvernement birman se livre à des élections qui ont été unanimement dénoncées par les observateurs extérieurs. Votes contraints et impossibilité de participer émaillent se scrutin qui prendra fin à la fin du mois de janvier. Pendant le même temps, l’armée birmane continue de frapper les zones qui échappent à son contrôle. En effet, depuis le coup d’État de 2021, la junte au pouvoir combat plusieurs groupes armés qui refusent son autorité.

« Même pendant la Première guerre mondiale, il y a eu une trêve de Noël… mais pas chez nous », regrette Salai Maung Taing San. Poursuivi par la junte pour son activité politique au côté de l’opposante historique Aung San Suu Kyi, il est parvenu à fuir son pays. Depuis l’étranger, il prépare l’alternative au pouvoir en place. Nourri par son espérance chrétienne, il est persuadé qu’en préparant une administration débarrassée des militaires birmans, il combat plus efficacement le pouvoir en place qu’en prenant les armes.

Ce régime, historiquement et intrinsèquement illégitime, s’enfonce chaque année un peu plus dans la violence. À présent, dénonce notre interlocuteur, surnommé « Docteur Sasa », tout devient une arme entre les mains de la junte. La nourriture est employée pour affamer les populations, les civils servent de boucliers humains, les hôpitaux, les écoles et les églises deviennent des cibles. Les élections, manipulées sont une arme de propagande pour racheter le régime aux yeux de la communauté internationale.

« Nous sommes en guerre depuis 75 ans, il faut briser le cycle », assure le Dr Sasa, qui décrit le programme de son administration alternative l’United States of Myanmar : « Nous proposons l’éducation quand ils tuent des enfants. Un pays gouverné par la base plutôt que depuis un sommet écrasant (…) Vous pouvez me critiquez, mais montrez-moi votre plan ! » Le politicien professionnel apparaît derrière ce discours frappé du coin du bon sens. Il n’a pas de scrupule à énoncer des évidences, tant elles sont devenues révolutionnaires dans le monde embrouillé de la propagande birmane.

« Ne vous laissez pas endormir par ceux qui prétendent que les évènements en Birmanie sont compliqués », ajoute-t-il. « Il n’y a rien de compliqué. Seulement un gouvernement fantoche qui opprime sa population avec le soutien de pays étrangers, en particulier la Chine et la Russie », conclut-il.

(Source : Aide à l’Église en Détresse 05/01/2026)

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