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Un mouvement destiné aux femmes catholiques célibataires

© CC0 RDNE Stock project, Pexels

Aurora Pomales est une jeune femme célibataire, de Philadelphie. Elle cherchait à revenir vers le Seigneur, mais ne trouvait pas de groupe catholique pouvant l’accueillir : « J'avais l'impression de ne me voir nulle part », constate-t-elle. « J'essayais de me rapprocher de Dieu, mais je me sentais seule. » Toutes les associations qu’elle approchait était destinées aux femmes mariées, aux épouses, aux mères, souvent de famille nombreuse, ou encore aux femmes se préparant au mariage. Rien pour les femmes laïques, célibataires, voulant suivre le Christ.

Son parcours de vie personnel a conduit Aurora à créer elle-même en 2025 l’association qui lui manquait : un groupe de soutien spécifique pour les femmes qui ne sont ni religieuses, ni mariées, ni fiancées. Le célibat féminin est souvent considéré comme une période transitoire qui devrait un jour ou l’autre se solder par un engagement, soit dans les vœux religieux, soit dans la fondation d’une famille. Sauf que pour certaines, le célibat non religieux devient un état de vie qui s’éternise. Et le regard posé sur ces personnes considérées comme « laissées pour compte » renvoie souvent l’image de l’échec. « Il y a tellement de discours sur ce que devrait être une femme catholique : mariée avec beaucoup d'enfants ou au couvent », déplore Aurora Pomales. « Mais certaines femmes ne correspondent pas à ces critères, et nous devons cesser de leur donner le sentiment d'être en échec. » Pour elle, être célibataire ne devrait plus être considéré comme un état de seconde zone, ni une voie de garage. « Nous avons du temps. Nous avons de l'énergie. Nous pouvons servir », affirme-t-elle. Aurora considère ce temps et cette énergie comme autant de dons utiles pour l’église.

S’inspirant d’une figure féminine méconnue, sainte Émeline de Boulancourt, Aurora rassemble d’autres femmes désireuses, comme elle, de suivre le Christ de plus près, sans se sentir nécessairement appelées ni à la vie religieuse ou consacrée, ni au mariage.

Émeline vécut comme simple converse au XIIème siècle aux confins des actuels départements de l’Aube et de la Haute-Marne, à Boulancourt, à l’ombre d’un monastère de cisterciennes. Elle mena une vie de pénitence, portant le cilice, marchant pieds nus même l’hiver, jeûnant fréquemment. Cette vie austère et son don de prophétie lui valurent une réputation de sainteté. Aurora Pomales retient particulièrement la fécondité de cette figure féminine. C’est donc elle qui inspire ce nouveau mouvement de célibataires laïques catholiques, dans le diocèse de Philadelphie.

Chez certaines femmes célibataires catholiques, il y a une décision radicale où se mêlent souffrance et libération. C’est ce qu’a vécu Aurora. Très proche de sa grand-mère revenue à la foi catholique, elle l’a suivie dans sa conversion. Affectée par le décès de celle-ci en 2020, Aurora approfondit sa pratique religieuse. Dans le même temps, elle vivait une relation amoureuse, mais se sentait « tiraillée entre deux directions : rester dans cette relation qui [l]'éloigne du Seigneur, ou la quitter et marcher avec Jésus ». Elle choisit le Christ et chercha un groupe de femmes célibataires pouvant l’aider. Le vicaire paroissial de sa paroisse Sainte-Hélène de Philadelphie l’incita à participer au Given Forum, une rencontre nationale destinée aux jeunes femmes catholiques. C’est alors qu’est né « Blessed Emilina ». Le mouvement vise une relation plus étroite avec le Christ par la formation, la vie communautaire et le service. Des événements mensuels et une retraite annuelle sont organisés. Émeline « est un peu tout ce que je rêve d'être », confie Aurora. « Elle a profité au maximum de son célibat – non pas comme un plan de secours, mais comme une vocation. »

(Sources : blessedemilina.com, catholicnewsagency.com, giveninstitute.com)

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