Pas de justice pour les chrétiens au Pakistan

Deux ans après la flambée de violences qui a frappé la communauté catholique de Jaranwala au Pendjab, aucun des coupables n’a encore été condamné. Ces chrétiens sont habitués à être considérés comme des citoyens de seconde zone, une minorité méprisée qui doit rester humble devant les musulmans majoritaires, mais cette fois ils ont envie de « hurler de colère », témoigne l’évêque local du diocèse de Faisalabad, Mgr Indrias Rehmat.
Le 16 août 2023, une foule de musulmans attaquait le quartier chrétien de Jaranwala, en raison d’une rumeur selon laquelle un membre de cette communauté aurait « blasphémé » contre le Coran. Ils ont mis à sac ou incendié 26 églises et 80 habitations de chrétiens, saccageant des salles paroissiales, des presbytères et jusqu’à des pierres tombales.
Or aucun des coupables de ces méfaits n’a été condamné. La justice pakistanaise ne manque pourtant pas de suspects : 5 213 personnes ont été accusées d’être liées à ces atrocités, 380 arrêtées, beaucoup ont été libérées sous caution et aucune condamnation n’a été prononcée à ce jour. Au contraire, au mois de juin 2025, dix personnes soupçonnées d’avoir incendié l’une des églises ont été acquittées. Mgr Rehmat commente : « Justice n’a pas été rendue. La police n’a pas fait son devoir. Personne n’a été puni et personne n’a été traité comme il convient. À ce stade, nous ne voyons aucun espoir qu’un coupable soit puni. »
De leur côté, plusieurs chrétiens ont été accusés d’avoir « profané le Coran ». L’un d’entre eux, Pervaiz Masih, a été condamné à mort pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux l’image d’un Coran brûlé. Devant cette inégalité de traitement scandaleuse, les freins qui empêchent les chrétiens de se défendre sautent. « Il y a des individus dans la région qui disent à nos fidèles de ne pas se présenter aux tribunaux, et nos fidèles ont peur parce que les terroristes et les fondamentalistes musulmans sont très forts. Les menaces sont là. Mais nos fidèles sont très en colère. Après deux ans, ils attendent toujours que justice soit faite. »
Par ailleurs, la tension a été ranimée par un religieux musulman qui a tenu des propos antichrétiens dans un discours dénonçant la démolition controversée d’une mosquée à Islamabad, capitale du Pakistan. Dans ce discours, devenu viral sur les réseaux sociaux, le religieux a qualifié les églises de « tas d’ordures ». En réponse, la Conférence des évêques catholiques du Pakistan a publié une déclaration qualifiant ses propos d’« offensants » et de « profondément désobligeants » envers les chrétiens.
Malgré ces tensions, le quartier chrétien renaît progressivement de ses cendres. Le 16 août, jour anniversaire de la destruction, Mgr Remat présidait la bénédiction et la re-consécration de l’une des églises vandalisées, Saint-Jean de Jaranwala. Le presbytère attenant doit encore être reconstruit.
(Sources : Aide à l’Église en Détresse 14/08/2025)
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