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Regard américain sur le discours du pape sur l’immigration

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Les catholiques américains ont regardé avec un vif intérêt la visite apostolique du Saint-Père en France. Le rayonnement universel de la fille aînée de l’Église y est pour quelque chose, mais également le fait que les États-Unis sont confrontés à des crises semblables à celles que traversent la France et l’Europe. La crise migratoire en fait partie, et non des moindres.

On se rappelle les vives oppositions entre le vice-président JD Vance et le Vatican dans la gestion de la crise des migrants à Minneapolis en janvier dernier. On se souvient aussi du discours de JD Vance à Munich, le 14 février 2025, alertant les politiques sur les conséquences de l’immigration de masse. Son discours intervenait le lendemain d’une attaque à la voiture-bélier par un immigré afghan de 24 ans, demandeur d’asile, qui avait causé 36 blessés.

L’Amérique catholique a donc écouté très attentivement les propos du Pape lundi 28 septembre au Centre des Congrès Robert Schumann de Metz. La journaliste Solène Tadié, pour EWTN News, note : « Jusqu’à présent, il a conjugué une forte continuité avec la défense des migrants par le pape François et une reconnaissance plus explicite des droits des nations, des exigences de l’intégration et des préoccupations des sociétés d’accueil. »

La réponse de Léon XIV conjugue en effet l’exigence chrétienne de la défense de la dignité de toute personne humaine et le rappel de devoirs fondamentaux du migrant, notamment celui « d’entrer dans l’esprit de la maison ». Encore faut-il que cette maison ait retrouvé ses racines chrétiennes.

Le Saint-Père a commencé par rappeler que « la civilisation européenne est le fruit de rencontres séculaires, même si celles-ci n’ont pas toujours été faciles. Il suffit de penser à la présence de la culture arabe dans la péninsule ibérique, ou à la projection du “Vieux Continent” dans le “Nouveau Monde”, ce qui généra, parfois douloureusement, de nouvelles synthèses sur le continent américain. » Il nous invite par là à regarder les migrations actuelles comme de nouvelles rencontres « pas toujours faciles », mais porteuses potentiellement de la suite de la construction de la civilisation européenne.

Le Pape continue à développer sa ligne d’équilibre : « Dans le contexte multiculturel d’aujourd’hui, l’affirmation de l’universalité de ces valeurs [notamment les droits inviolables et inaliénables de la personne humaine cités dans le Traité sur l’Union européenne], essentielle pour sa survie, passe à la fois par une redécouverte de ses racines et par l’ouverture au dialogue avec l’autre. » Ce « ressourcement » aux racines chrétiennes et le « dialogue » avec le migrant « permettront également de retrouver un juste équilibre entre les droits eux-mêmes, ainsi qu’entre les droits et les devoirs » de chacun.

Le regard de Léon XIV sur l’option préférentielle du pauvre ne se limite pas aux droits de ce dernier. Il rappelle également, citant son discours aux Canaries, le devoir des politiques d’entreprendre une « coopération réelle contre les trafiquants » et de « permettre à chaque personne de vivre dignement sur sa propre terre. »

La lecture évangélique de la question migratoire trouve cet équilibre attendu dans les propos du Saint-Père : « Accueillir une personne, c’est l’intégrer comme dans sa propre famille, en lui offrant la possibilité de développer ses talents, ses capacités et sa sensibilité, mais aussi d’entrer dans l’esprit de la maison. »

Cette feuille de route proposée aux Européens par le pape comprend aussi cet appel à une certaine sérénité face à l’avenir qui ne peut laisser indifférente l’Amérique déchirée sur cette question migratoire : « Il faut saisir la portée historique de ce qui est en train de se passer, c’est-à-dire une rencontre inédite entre peuples et cultures qui appelle à la redécouverte créative de nos racines et, en même temps, à une écoute attentive de l’autre. L’universalité des valeurs fondatrices de l’Europe nous assure que ce dialogue est possible, et qu’il pourra donner un fondement solide à nos sociétés, permettant d’œuvrer plus efficacement pour la paix et pour un monde réconcilié. »

(Source : ewtnnews.com, lefigaro.fr)

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