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Ce que vivent les chrétiens pakistanais

Drapeau du Pakistan / © CC0, Pexels.

La Commission catholique justice et paix du Pakistan (NCJP) publie, ce mois de septembre 2026, un rapport qui met en évidence les discriminations dont souffrent les minorités religieuses. Dans ce pays où près de 97 % de la population est musulmane, les chrétiens et les hindous vivent sous pression constante. Le document liste des faits graves de violences, d’enlèvements et de meurtres, à l’encontre de populations minoritaires.

Officiellement, le Pakistan dispose d’une Constitution qui garantit la liberté religieuse. Le drapeau vert du pays - couleur de l’islam - comprend d’ailleurs une bande blanche qui symbolise la place laissée aux minorités religieuses. Mais dans les faits, les principes qui régissaient la construction du pays sont bafoués, selon le rapport de la NCJP. Alors qu’il met en évidence les contradictions d’une nation incapable d’appliquer ses principes directeurs, ce texte est pourtant publié librement et même avec l’approbation de l’administration pakistanaise. Le directeur général de la NCJP, Naeem Yousaf Gill, assure qu’elle est « bien appréciée et reconnue, jusqu’à présent ». Elle donne un aperçu précieux de la condition des minorités religieuses au Pakistan, obtenu grâce au réseau de l’Église catholique pakistanaise.

Le rapport montre les graves dysfonctionnements de l’administration pakistanaise. En plusieurs occasions, des policiers pakistanais ont pris le parti des agresseurs. Il arrive que la justice pakistanaise elle-même adopte une attitude comparable. Un exemple déchirant en a été donné par le cas de Jessica Iqbal, pakistanaise catholique de 16 ans, enlevée le 30 avril 2025. Sa garde a été confiée à son ravisseur par un juge de Lahore.

Au-delà des manquements de l’administration pakistanaise, les exemples de discriminations graves relevés par le rapport indiquent qu’il existe un mépris latent à l’encontre des minorités religieuses. Les jeunes filles non-musulmanes sont considérées comme des esclaves potentielles par certains musulmans. Par ailleurs, les postes prestigieux sont réservés aux musulmans ; à l’inverse, les métiers jugés dégradants comme celui d’égoutier sont considérés comme l’apanage des chrétiens.

L’application de la loi anti-blasphème pakistanaise continue à provoquer des situations effroyables, documentées par ce rapport. À présent, il arrive que des personnes mal intentionnées créent de faux comptes sur les réseaux sociaux et publient des post blasphématoires pour faire accuser leurs victimes. Les conséquences d’une telle accusation peuvent être terribles, car la justice pakistanaise prévoit la peine de mort pour les blasphémateurs. Le cas d’Anwar Kenneth, cité par ce rapport, donne un aperçu du calvaire que vivent les accusés. Il a été condamné à mort pour blasphème, a passé 23 ans en prison, avant d’être acquitté le 25 juin 2025 après que la Cour suprême du Pakistan eut statué qu’en raison de son handicap mental, il ne pouvait pas être tenu pour responsable d’un tel crime.

Enfin, le rapport note que l’interdiction du mariage des enfants qui devrait s’étendre progressivement à tout le pays, est entravée par des islamistes. Ainsi, l’amendement prévu par le gouverneur du Khyber-Pakhtunkhwa pour prohiber les mariages avec des mineures, a été rejeté par le Conseil de l’idéologie islamique (CII). Un tel amendement contreviendrait aux principes de la charia et ne pourrait donc pas être imposé dans un pays musulman selon cette entité.

Le rapport de la NCJP offre un regard rare sur la société pakistanaise et pose le doigt sur le problème fondamental de ce pays. Il ne manque pas de bonnes volontés pour mettre fin aux discriminations et aux injustices, mais il souffre d’un défaut structurel. En raison de l’autorité accordée à des extrémistes religieux, les tentatives positives sont systématiquement entravées.

(Sources : NCJP, septembre 2026 ; Aide à l’Église en Détresse, 25/09/2026)

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