Une femme chrétienne au cœur du pouvoir syrien : Hind Kabawat entre dans l’Histoire

Hind Kabawat, avocate et figure de l’opposition syrienne, a été nommée ministre des Affaires sociales et du Travail le 29 mars 2025, à Damas, par le président intérimaire Ahmed al-Sharaa. Membre de la minorité chrétienne syrienne, elle devient la première femme à intégrer ce gouvernement de transition qui succède aux autorités provisoires après la chute de Bachar al-Assad le 8 décembre dernier.
La composition du nouveau cabinet, révélée après plusieurs semaines de consultations et de pressions internationales pour garantir une transition inclusive, comporte 23 ministres. La majorité d’entre eux sont issus de la communauté sunnite, reflet de la démographie syrienne. Kabawat se distingue à la fois par son engagement de longue date contre le régime d’Assad et par son appartenance religieuse. Son arrivée au sein du gouvernement marque une tentative d’élargir la base de soutien du nouveau pouvoir, alors que le pays cherche à panser ses blessures.
Hind Kabawat n’est pas une inconnue dans les cercles internationaux. Ancienne membre du comité national de dialogue tenu en février dernier, elle a également été active dans de nombreuses initiatives en faveur de la paix et de la réconciliation. Juriste formée au Canada, elle a longtemps œuvré au sein de l’Initiative pour le dialogue syrien, et a été récompensée pour ses efforts de médiation.
Son rôle dans le nouveau gouvernement sera crucial : le ministère des Affaires sociales et du Travail est en première ligne pour répondre aux immenses défis sociaux, humanitaires et économiques auxquels la Syrie est confrontée après plus d’une décennie de guerre civile.
Le président Ahmed al-Sharaa, qui dirige cette transition de cinq ans validée par une déclaration constitutionnelle début mars, a confié les postes clés à ses alliés issus de la province d’Idlib et notamment de l’ex-coalition rebelle Hayat Tahrir al-Sham (HTS), à l’origine de la chute du régime. Parmi eux figurent le ministre de la Défense Murhaf Abu Qasra, le ministre de l’Intérieur Anas Khattab et le chef de la diplomatie Assaad al-Shaibani.
D’autres figures issues de minorités ont également été nommées, à l’image de Yarub Badr, Alaouite, désigné ministre des Transports, ou d’un représentant kurde, dont le nom n’a pas été rendu public. Toutefois, aucun ne détient un ministère stratégique.
L’un des postes nouvellement créés, celui des Situations d’urgence et des catastrophes, a été confié à Raed al-Saleh, célèbre pour avoir dirigé les Casques blancs, groupe de secouristes volontaires intervenant dans les zones rebelles.
La nomination d’Hind Kabawat, femme chrétienne, juriste et militante pour la paix, dans un pays à majorité musulmane et longtemps marqué par un régime autoritaire, pourrait symboliser une volonté d’unité et de reconnaissance des minorités religieuses. Reste à savoir si cette transition portera réellement les fruits espérés par une population éprouvée.
Rappelons que Hind Kabawat a également été professeure adjointe à l’université de Toronto et membre du Conflict Resolution Program à l’université de Harvard. Elle a souvent souligné l’importance de l’éducation, de la justice sociale et du respect des droits des minorités dans le processus de reconstruction post-conflit.
Sa foi chrétienne, qu’elle n’a jamais reniée dans ses engagements publics, pourrait aussi représenter un signe d’espérance pour les nombreuses familles chrétiennes syriennes restées fidèles à leur terre, malgré les persécutions et les exils.
« La paix ne peut être construite que sur la justice et la dignité de tous les citoyens » , déclarait-elle lors d’un colloque interreligieux à Genève en 2018.
En partenariat avec Tribune Chrétienne.
Thierry Burtin
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