Actualité en bref 

Conversion d’un Intouchable au Népal.

© CC0 pxhere

N. Biswokarma décrit le jour du baptême comme une « libération ». Le 2 février 2025, l’eau du sacrement l’a lavé, lui, son épouse et leurs trois enfants de la souillure que le système millénaire des castes leur imposait. Il était un Intouchable, de ces malchanceux qui naissent sans caste et dont le simple contact est synonyme de souillure dans le sous-continent indien. « Je me sens comme un être humain libre à présent », assure ce conducteur népalais de Tuk-Tuk, âgé de 40 ans.

Il a découvert à 7 ans qu’il appartenait à une partie honnie de la population, au hasard d’une partie de football. Un tir maladroit a atterri sous le porche de la maison de l’un des camarades qui participait à la partie. Biswokarma est allé récupérer le ballon, mais la maîtresse des lieux l’a vu faire et s’est mise à hurler. « Je n’arrivais pas à comprendre ce que j’avais fais de mal, elle n’arrêtait pas de répéter que j’avais souillé sa maison, et elle me traitait de Dalit. » Les Dalits sont les Intouchables, ceux qui sont plus bas que les basses castes dans le système indien, puisqu’ils n’ont même pas de caste. Ceux qui naissent ainsi n’ont aucun moyen de s’en départir et ne peuvent exercer que les métiers les plus déconsidérés, comme le ramassage des déchets ou le tannage du cuir.

À 17 ans, le jeune Dalit s’éprend d’une jeune fille qui, elle, appartient à une caste. Elle accepte de l’épouser, mais les deux jeunes gens subissent le harcèlement de la famille de la jeune fille. Tout le village condamne leur union et ils reçoivent même des menaces de mort. Ils s’exilent pour pouvoir se marier dans une autre ville où le mari gagne sa vie comme conducteur de Tuk-Tuk.

Dans le même temps, Biswokarma s’intéressait au christianisme grâce à un oncle converti qui lui avait donné une bible. Il connaissait aussi la foi chrétienne grâce à l’un de ses amis qui entrait en démarche de conversion. Mais quand ce dernier devint pasteur, il adopta une attitude hautaine, refusant de se mêler aux Intouchables, ce qui refroidit les ardeurs de Biswokarma.

Bien des années plus tard, la rencontre avec un prêtre à Kohalpur, près de la frontière indienne, le convainquit de fréquenter son église. « J’ai entendu que l’Église traite tout le monde à égalité, qu’il n’y a pas de discriminations en raison de la caste ou de l’apparence », témoigne-t-il. Il se mit à participer aux offices avec sa famille et entra en catéchuménat.

Au Népal,  les chrétiens ne constituent que 1,7 % de la population, et parmi eux 65 % sont d’anciens Intouchables. Selon l’expérience de la famille de Biswokarma, le fait de devenir chrétien ne suffit pas à faire cesser les discriminations fondées sur le système des castes. Mais elle trouve du réconfort dans la prière et la compagnie des frères catholiques. « J’ai enfin trouvé la paix que j’ai cherché pendant des années », conclut Biswokarma.

(Source : Ucanews 19/3/2025)

Retour à l'accueil