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Réfugiés. Le combat d’une religieuse contre l’esclavage

Soeur Aziza / State Department photo/ Public Domain

« Sans la prière, je ne pourrais pas faire ce travail », assure Sœur Azezet Habtezghi Kidane. Cette religieuse combonienne érythréenne prend en charge des migrants qui ont subi des actes de torture. Depuis le camp de réfugiés de Tel Aviv, où elle exerce, elle témoigne que les personnes dont elle s’occupe ont été exploitées comme des esclaves lors de leur traversée du désert.

Celle que les réfugiés appellent affectueusement « Sœur Aziza » a commencé à travailler en 2010 comme infirmière à la clinique ouverte de l'ONG Physicians for Human Rights - Israel à Tel-Aviv. Les personnes dont elles s’occupaient portaient systématiquement des traces de violences. Ces blessures étaient si communes qu’elles étaient devenues un moyen de reconnaître par quels camps ces réfugiés avaient transité. Traces de plastique enflammé, coupures, déshydratation, témoignaient du calvaire vécu par les migrants. Quant aux femmes, elles avaient toutes subi des viols et une grande partie d’entre elles étaient enceintes.

La religieuse a retracé leurs parcours. Fuyant la guerre au Soudan ou la dictature en Érythrée, ils transitent par des camps informels dans le désert égyptien où ils y sont détenus, leurs geôliers exigeant des rançons de leurs familles pour les relâcher. Quand les passeurs finissent par les relâcher, ces migrants ont été exploités de toutes les façons imaginables et torturés pour hâter la remise de la rançon.

Sœur Aziza s’est donc consacrée à soigner les corps et les esprits de ces personnes profondément blessées. Elle s’est aussi démenée pour que leur situation soit mieux connue à travers le monde. Son travail lui a valu d’être reconnue par le département d’État des États-Unis qui lui a décerné le titre de « TIP Report Hero » (Trafficking in Persons Hero) pour son rôle de premier plan dans la lutte contre le trafic d'êtres humains et la dénonciation de l'exploitation des migrants dans le Sinaï. Elle a aussi rédigé un livre « Par-delà les frontières : Contre le trafic humain », préfacé par le cardinal Pierbattista Pizzaballa. Rédigé à l’origine en italien, il sera publié en français par les éditions Salvator au mois de septembre 2026.

La religieuse espère que cet ouvrage participera à une prise de conscience. Cependant, comme elle le dit elle-même : « Je voudrais que les gens brisent le silence, mais Dieu seul peut changer le cœur des hommes ».

Sources : Salvator (09/07/2026); Wasns (14/07/2024); Cnewa (13/11/2013); Clonline (20/08/2025).

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