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Les oliviers de la paix espérée

© CC0, pixnio.

En septembre, une dizaine de paysans chrétiens libanais d’Alma el-Chaab ont obtenu l’autorisation de nettoyer leurs oliveraies et de débroussailler certains terrains. Ils espèrent désormais pouvoir en recevoir une nouvelle, pour récolter les olives. La cueillette doit commencer après la mi-octobre. Leur village, situé à proximité immédiate de la frontière israélienne, a été frappé par les bombardements israéliens, et ils avaient été évacués depuis plus de six mois.

Cette récolte n’est pas encore assurée dans la mesure où une partie des oliviers a été détruite ou volée. Alors que le sud du Liban était sous occupation de l’armée israélienne, certains arbres centenaires – parfois même millénaires – ont été détruits, empoisonnés par le phosphore blanc, voire déracinés et emportés. L’ampleur de ces destructions n’est pas encore évaluée avec précision, mais plusieurs témoignages concordants attestent de leur importance. En plus des dégâts collatéraux résultant des bombardements de l’armée israélienne, des destructions volontaires ont été enregistrés par des agriculteurs, voire par des soldats de Tsahal eux-mêmes filmant leurs exactions. Un entrepreneur français, né au Liban, a déposé à Paris une plainte contre X pour des faits susceptibles, selon lui, de constituer des crimes ou délits de guerre. Il accuse l’armée israélienne d’avoir arraché environ 600 oliviers centenaires appartenant à sa famille à Zawtar el-Charqiyé, dans le sud du Liban.

Pour les libanais d’Alma el-Chaab, exilés loin de leur terre depuis le 10 mars dernier, la récolte des olives est à la fois une nécessité économique vitale et le symbole d’un retour à la vie normale. « Si cette étape réussit, nous serons alors engagés sur le chemin que nous souhaitons », explique leur curé, le chorévêque (vicaire qui remplit les fonctions épiscopales dans les campagnes) Maroun Ghafari. Pour l’heure, les agriculteurs et leurs familles demeurent suspendus aux autorisations délivrées par la Finul en coordination avec les autorités libanaises. Mais surtout, ils dépendent du maintien d’une paix qui demeure fragile dans le secteur qu’ils occupent. La plupart d’entre eux, rappelle le chorévêque, ont connu un nombre incalculable d’exil au cours de leur existence.

Les élèves de l’école des Sœurs de la Sainte-Famille d’Alma el-Chaab ont été, quant à eux, dispersés dans divers établissements scolaires. Mais ils se sont unis dans la prière à l’occasion du « Rosaire pour la paix » proposé par l’Aide à l’Église en Détresse. La paroisse travaille avec la cellule de crise du village afin d’obtenir une aide, même partielle, pour ces élèves et pour les étudiants.

(Sources : Aide à l’Église en Détresse 06/10/2026 ; Liban News 23/09/2026 ; Cath.ch 13/10/2026)

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