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Au Pakistan, un soupçon de blasphème provoque un incendie

© CC0, pxhere.

Vendredi 9 octobre, une foule en colère a mis le feu à la pharmacie d’un chrétien pakistanais soupçonné de blasphème. Trente-cinq familles chrétiennes de son village de Gharyal Kalan, dans la banlieue de Lahore, ont fui précipitamment leur domicile, craignant d’être lynchées par ce groupe islamiste qui revenait de la prière hebdomadaire du vendredi.

La veille, jeudi 8 octobre, le propriétaire de la pharmacie, Kamran Masih avait été soupçonné de blasphème. Selon une rumeur, il aurait posté une vidéo offensant les sentiments religieux sur un groupe WhatsApp. La police s’est rendue à son domicile à 21 h 30 pour le mettre en sûreté, selon les autorités pakistanaises. Kamran Masih pourrait faire l’objet d’une accusation en vertu de la loi de Prévention des crimes électroniques. Présumé innocent, il fera l’objet d’un jugement équitable, garantissent les autorités.

Ces assurances sont examinées avec circonspection par les avocats de minorités religieuses au Pakistan. Le district de Sheikhupura où se déroulent ces évènements, a déjà été le théâtre de profondes injustices à l’encontre des chrétiens au nom des lois anti-blasphèmes qui sévissent au Pakistan. C’est de ce district qu’était originaire la mère de famille catholique Asia Bibi, qui ne recouvra la liberté qu’au prix d’une bataille juridique harassante, au bout de de dix ans d’emprisonnement, puis de l’expatriation. Mais outre ce cas médiatique, bien d’autres chrétiens subissent les conséquences de la paranoïa pakistanaise à l’encontre de tout ce qui pourrait être considéré comme une insulte adressée à la religion musulmane.

La veille de la « mise en sécurité » de Kamran Masih, un autre chrétien pakistanais, Qaiser Ayub, voyait sa condamnation à mort confirmée par la Cour suprême. L’homme a déjà passé douze ans de sa vie en prison.

Outre la pression qu’exerce la justice pakistanaise sur les minorités religieuses, des autorités religieuses peuvent aussi attiser les tensions.  Le 3 juillet dernier, dans le district voisin du Gujranwala, les hauts parleurs des mosquées du village de Julah ont diffusé des messages haineux à l’encontre d’un pasteur en exil, Sajeel Robin. Il aurait posté des messages offensants contre l’islam. Les annonces publiées par haut-parleur ont terrifié les chrétiens et quarante familles ont fui leurs domiciles.

(Sources : Asianews 12/10/2026 ; Morning Star 12/10/2026 et 09/10/2026 ; India New England News 13/10/2026)

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