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Éthiopie : Les chrétiens sous le feu

Cathédrale Saint-Sauveur d'Adigrat / CC BY 3.0 WikiCommons

Deux attaques violentes ont ciblé la communauté chrétienne orthodoxe. Le 26 février, dans l'Est-Arsi, au sud-est de la capitale, Addis-Abeba, des extrémistes ont abattu une vingtaine de fidèles et enlevé plusieurs personnes avant de détruire des récoltes. Deux jours plus tard, le 28 février, une attaque à l'arme lourde contre le monastère d'Atronse Mariam (région d'Amhara, au nord-ouest de l'Éthiopie) a fait six morts et plus de vingt blessés.

« Aucun acte de violence contre des personnes sans défense ne peut être justifié par un enseignement religieux, culturel ou politique », a rappelé la Conférence épiscopale catholique éthiopienne dans un communiqué diffusé le 10 mars. Le document déplore que des motivations religieuses soient invoquées par les assaillants pour justifier leurs méfaits. Le 26 février, ces derniers ont pénétré dans une église en criant « Allah Akbar », semant la panique dans tout le village. Selon un expert cité anonymement par Portes Ouvertes : « Ces incidents impliquent des attaques contre des membres de l’Église et le ciblage délibéré de responsables d’église ». Il craint qu’ils ne menacent la tradition éthiopienne d’entente entre les communautés religieuses. La même source souligne que ces attaques sont « ciblées et organisées », visant spécifiquement les leaders religieux pour saper le moral des communautés.

L’intrusion du terrorisme islamiste en Éthiopie devient un nouvel élément de préoccupation pour ce pays tiraillé par plusieurs mouvements indépendantistes. La guerre du Tigré, en particulier, a provoqué des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés entre 2020 et 2022. Par ailleurs, dans la région d’Oromia (au centre de l'Éthiopie), l’opposition entre l’Armée de Libération Oromo (OLA) et les forces de sécurités éthiopiennes ont provoqué la fuite d’un million de personnes. Les mouvements indépendantistes tels que l’OLA ou le Front de libération du peuple du Tigré sont des mouvements politiques areligieux, mais d’autres groupes armés s’immiscent dans le pays. Ils provoquent de nouvelles formes de violences, qui pourraient provoquer encore plus de divisions dans un pays hanté par les guerres civiles.

En juillet 2022, environ 1 500 à 2 000 combattants d'al-Shabab ont franchi la frontière depuis la Somalie pour pénétrer dans la région Somali de l'Éthiopie. Ces djihadistes somaliens souhaitaient manifestement s’établir en Éthiopie, mais ils ont été repoussés par l’armée éthiopienne, qui a communiqué avoir tué plus de 800 membres du mouvement djihadiste. Les attaques du mois de février 2026, typiquement terroristes, font craindre que l’Éthiopie ne soit plus épargnée par l’islamisme qui infecte ses voisins soudanais et somaliens.

(Sources : Portes Ouvertes, 19/03/2026 ;Vatican News,13/03/2026)

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