Nigeria : « Notre plus grand défi sera de pardonner »

Un groupe de chrétiens au Nigeria. ©AED

Dans la nuit du 21 au 22 juin 2026, des hommes armés Fulani ont mené une attaque contre la communauté chrétienne de Kawel, dans l’État de Plateau, au centre du pays. Les assaillants ont mitraillé des habitations ainsi que l’hôpital local. Au moins 22 chrétiens ont été tués, parmi lesquels un médecin, des patients et le révérend Markus Nyam, pasteur de l'Église Church of Christ in Nations.

Quelques jours auparavant, le 19 juin, les Nations unies ont publié une alerte concernant la situation des femmes et des jeunes filles chrétiennes au Nigeria. Selon les experts cités par l’organisation internationale, les victimes sont confrontées à une combinaison d’enlèvements, de violences sexuelles, de mariages forcés, de conversions religieuses imposées, et de détentions prolongées.

Il ne se passe plus une semaine sans que des assassinats ou des enlèvements de chrétiens endeuillent les Nigérians. Pourtant un prêtre local interrogé par l’Aide à l’Église en Détresse assure : « Dieu ne nous a pas abandonné. La foi l’emportera sur tous les défis ». L’homme qui prononce ces paroles a pourtant assisté à l’un des pires massacres de l’histoire récente. Il s’agit du père Jonathan Ukuma, curé de la paroisse de Yelewata. Le 13 juin 2025, une attaque de plus de trois heures a frappé cette communauté et 259 personnes ont péri sous les coups des assaillants. Le prêtre raconte les scènes de panique, les gens cherchant désespérément refuge dans l’église. Puis, le lendemain, il se remémore une scène de désolation. Les empilements de corps « brûlés au-delà de tout espoir d’identification », se souvient-il. « Notre plus grand défi sera de pardonner », assure-t-il. Il appelle ses paroissiens et les chrétiens qui entendent son message à prier non seulement pour les victimes, mais aussi pour leurs assassins.

Malgré cette situation, la plupart des chrétiens nigérians refusent de quitter leur terre natale et font preuve d’une résilience extraordinaire, témoigne l’archevêque de Kaduna, au centre du pays. Mgr Matthew Ndagoso s’est rendu à la fin du mois de mai dernier dans Adama Dutse, l’un des villages martyrs du pays. Réduit en cendre en 2024, il a été entièrement reconstruit. L’évêque y a célébré une messe d’action de grâce. Il décrit une communauté transfigurée. Alors qu’elle était abattue, souffrante, lorsqu’il l’avait visitée peu après l’attaque, il a découvert une population dont « les visages rayonnaient de fierté. »

(Sources : Aide à l’Église en Détresse,11 et 17/06/2026 ; Tribune chrétienne, 20/06/2026)

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