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La RDC, entre la guerre et Ebola

Dans l’est de la République démocratique du Congo, la souche d’Ebola Bundibugyo a déjà contaminé près de 10 000 personnes. La moitié des patients infectés sont morts. L’épidémie frappe tout particulièrement le nord-est du pays, dans la province de l’Ituri, où les premiers foyers ont été repérées. Contrairement à la précédente souche du virus Zaïre, contre la souche Bundibugyo, on ne dispose pas à ce jour de vaccin ou de traitement spécifique, ce qui complique les opérations de contrôle épidémiologique. De plus, la lutte contre ce fléau est rendue plus difficile par les guerres qui dévastent la contrée.

Le père congolais Olivier Ndondo constate que le gouvernement peine à rejoindre les personnes qui ont besoin d’aide dans sa région, très excentrée. Les mouvements de populations provoquées par les conflits qui sévissent dans la province voisine du Kivu font craindre que la contagion se répande. « L’Église dans l’est du pays fait face à ces deux urgences, la guerre et l’épidémie, avec les moyens dont elle dispose », explique le prêtre. Au Sud-Soudan voisin comme sur le sol de la RDC lui-même, les conflits se prolongent depuis des décennies. Ils ont considérablement réduit le développement du pays et rendent les déplacements difficiles. « Il y a des trentenaires qui n’ont connu que la guerre », constate tristement le prêtre.

« L’Église dans l’est du pays fait face à ces deux urgences, la guerre et l’épidémie, avec les moyens dont elle dispose », ajoute-t-il. À l’image de l’ensemble du pays, elle manque de moyens financiers. Mais l’Église catholique bénéficie d’un réseau dense et elle a l’oreille de la population, ce qui en fait un partenaire précieux des organisations qui luttent contre le fléau. La Conférence épiscopale a publié un communiqué afin de sensibiliser la population à Ebola et d’encourager chacun à agir de manière responsable, en respectant les mesures d’hygiène et les consignes sanitaires destinées à prévenir de nouvelles contaminations.

Ce travail d’information est rendu d’autant plus nécessaire en Ituri par la persistance de pratiques traditionnelles impliquant des contacts physiques avec les corps des défunts qui favorisent les contaminations. En tant qu’institution crédible et respectée, l’Église peut remettre en cause ces pratiques et proposer des cérémonies de substitution pour éviter les contagions.

Le père Ivale, curé à Mongwalu, l’un des épicentres de la maladie en Ituri RDC, témoigne de ce travail d’information. En même temps qu’Ebola, de fausses rumeurs de toutes sortes circulent parmi la population. « Certains disent qu’il ne faut pas aller à l’hôpital, que les médecins tuent leurs patients et vendent leurs organes », déplore le prêtre. En rassurant ses paroissiens et en participant avec eux à des rites funéraires adaptés à la contagiosité de la maladie, il participe, à son niveau, à la lutte contre le fléau.

(Sources : Aide à l’Église en Détresse 13/10/2026 et contacts personnels)

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